Le livre blanc du décideur

Dans un contexte de plus en plus complexe, savoir prendre des décisions devient une compétence très recherchée.

LE LIVRE BLANC DU DECIDEURPourtant, dans l’imaginaire occidental, « décider » est connoté négativement. Sa racine latine « decidere » suggère de passer à l’action en taillant, tranchant, coupant, etc. De quoi envisager la décision, non comme une opportunité, mais comme le risque d’une perte potentielle.

Face à ces enjeux, nous continuons à croire suffisant de nous appuyer sur des méthodologies rationnelles pour bien décider, suivant les recommandations de René Descartes. On oublie parfois que ses conseils répondaient à des exigences d’un autre temps ; un monde aux contours plus définis. Le monde actuel est devenu d’une complexité inédite en raison de l’augmentation exponentielle de la population et par l’accélération des échanges, facilitée par les nouvelles technologies.
Cet environnement pose un immense défi au décideur moderne qui doit adapter ses réflexes et conditionnements pour décider en — presque — toute connaissance de cause.

C’est en partant de ces constats qu’est né ce livre blanc. Il reprend des thématiques largement développées dans l’ouvrage « décider dans un monde complexe » tout en apportant un regard nouveau sur les règles du jeu imposées par ce monde en perpétuelle mutation.

Ce livre est gratuit, cliquer ici ou sur l’image ci-contre pour le télécharger. Il peut être distribué sans autorisation, à condition de ne rien ajouter ni supprimer.

Bonne lecture !

 

Quand les pilotes d’avion redeviennent de simples Homo Sapiens…

AirlinerS’il y a un endroit où peut se sentir en sécurité pour voyager, c’est bien dans un avion de ligne (européen). De la maintenance aux consignes de sécurité, en passant par la formation des pilotes, tout est fait pour que le facteur x ne s’exprime que de manière exceptionnelle. De tous ces paramètres, le facteur humain reste cependant le plus problématique et beaucoup rêvent de remiser au placard les pilotes de ligne à mesure que la machine devient capable de s’autoréguler. Ce serait pourtant mettre de côté la remarquable capacité d’adaptation de ces pilotes : une panne, une mauvaise condition météo ou les deux à la fois et voilà nos hommes et femmes « habillés beaux » capables, dans une maitrise émotionnelle au-delà de la norme, de choisir la bonne séquence de procédures à suivre.

Pourtant, cet ordinaire extraordinaire pour le commun des mortels s’arrête au sas d’entrée de la cabine. Une fois sur le plancher des vaches, ces hommes et femmes au sommet de la chaine sociale redeviennent de simples Homo Sapiens rapidement stressés par la perte potentielle de ressources. Ce concept psychologique – aussi appelé aversion à la perte par le prix Nobel d’économie Daniel Kanheman – nous place face à notre animalité, ou pour le moins, notre nature d’espèce vivante.

L’actualité vient de nous fournir deux intéressantes démonstrations du comportement de pilotes face à une situation de perte, qu’elle soit avérée ou supposée. Continue reading ‘Quand les pilotes d’avion redeviennent de simples Homo Sapiens…’ »

Comment ? Il n’y aurait pas une « zone de la décision » dans le cerveau, mais plusieurs…

Une récente étude du CNRS sur le fonctionnement du cerveau dans le cadre des prises de décisions nous place face à un des principaux écueils auxquels nous devons faire face dans nos mondes modernes : lutter contre une insatiable volonté de simplification.
Il est vrai que simplifier pour comprendre relève d’un schéma mental naturel, raison pour laquelle il nous est difficile d’échapper à cette tendance.
Parmi ces simplifications discutables figure la croyance que décider relève du monopole du cortex préfrontal, zone habituellement considérée comme le siège des fonctions cognitives dites supérieures chez l’Homme. Ainsi le langage, le raisonnement ou la capacité à symboliser y seraient logés. Continue reading ‘Comment ? Il n’y aurait pas une « zone de la décision » dans le cerveau, mais plusieurs…’ »

Non, Monsieur Attali, nous ne pouvons pas prévoir l’avenir !

Dans son dernier essai, publié chez Fayard, le célèbre économiste nous invite à tester une méthode qui permettrait de prévoir notre avenir et celui de nos proches.
Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer de voir des personnalités indiscutablement intelligentes, former dans les meilleures écoles de France (grâce à nos deniers), s’enfermer dans cette illusion de contrôle qui consiste à croire l’Homme capable de prévoir son futur.

On pourrait en rester là et observer ces initiatives avec une moue dubitative si elles n’illustraient pas une tendance à la surestimation de nos propres capacités. Elle touche toutes les strates de la société même si nos élites y semblent plus particulièrement sensibles. Tel décideur politique nous promet la baisse du chômage à telle date ; tel capitaine d’industrie nous assure que son entreprise deviendra numéro 1 du secteur dans les 5 ans ; ou tel entraîneur sportif jure ses grands Dieux qu’il gagnera la prochaine coupe du monde.

Ensuite ? Continue reading ‘Non, Monsieur Attali, nous ne pouvons pas prévoir l’avenir !’ »

Suffit-il d’avoir raison pour convaincre ?

Nous serions des ordinateurs froids et rationnels, la question d’avoir raison pour convaincre ne se poserait pas. Face à un programme informatique, la vérité triompherait à chaque fois, de manière mécanique.
De fait, l’Homme est plus complexe. Il met notamment de l’émotion dans son appréhension du monde et approche sa propre vérité avec différents filtres.
Convaincre ne consiste donc pas à apporter froidement « la vérité du moment ». Cela nécessite d’aborder la communication sous un angle différent qui mobilise une réelle expertise.

La fonction conative est la capacité à agir sur autrui. Elle a pour particularité de s’appuyer moins sur l’émetteur que sur le récepteur du message. La fonction conative peut ainsi pousser à influencer ce dernier pour le convaincre. Le contenu du message n’est donc pas le seul aspect qui sera observé. L’interaction entre l’émetteur et le récepteur et la forme du message seront tout aussi importante à analyser. Continue reading ‘Suffit-il d’avoir raison pour convaincre ?’ »