Comment ? Il n’y aurait pas une « zone de la décision » dans le cerveau, mais plusieurs…

Une récente étude du CNRS sur le fonctionnement du cerveau dans le cadre des prises de décisions nous place face à un des principaux écueils auxquels nous devons faire face dans nos mondes modernes : lutter contre une insatiable volonté de simplification.
Il est vrai que simplifier pour comprendre relève d’un schéma mental naturel, raison pour laquelle il nous est difficile d’échapper à cette tendance.
Parmi ces simplifications discutables figure la croyance que décider relève du monopole du cortex préfrontal, zone habituellement considérée comme le siège des fonctions cognitives dites supérieures chez l’Homme. Ainsi le langage, le raisonnement ou la capacité à symboliser y seraient logés.

De toutes les espèces vivantes dotées d’un cerveau, l’espèce humaine serait celle dont cette partie du cortex serait la plus développée, relativement à la taille de son cerveau. L’idée de positionner le « bouton » de la prise de décision dans cette zone est séduisante car elle place l’Homme comme un décideur à part, de celui, béni entre tous, capable sans sourciller de s’extraire de ses réflexes biologiques pour « rationaliser » ses actes et leur donner un sens profond.

Ce serait oublier combien, pour les décisions importantes, l’ensemble du corps et de l’esprit se mettent en branle, le premier pour délivrer des informations inconscientes via les sensations (la fameuse boule au ventre) et le second pour tenter de rendre cohérentes ces secousses d’ordre essentiellement émotionnel.

L’étude du CNRS (ici) ne va pas aussi loin mais elle semble montrer que la prise de décision implique aussi le thalamus, une zone habituellement en charge de traiter les informations sensorielles.

Ce que cette avancée pourrait suggérer — bien qu’elle ne porte pour l’instant que sur des rats —, c’est l’importance de la prise en compte des informations externes dans la décision via les sens. Comme le précise le communiqué, il est vrai que décider revient à s’adapter à un environnement, parfois en grande mutation.

Finalement, la science semble confirmer les bonnes pratiques habituellement appliquées par les bons décideurs. Avant toute décision d’envergure, ces derniers s’obligent à prendre systématiquement en compte leur environnement via ses capteurs sensoriels (et non à distance).
Il s’agit d’une des nombreuses postures détaillées et argumentées dans l’ouvrage « décider dans un monde complexe », publié chez Maxima.

Quant au rôle du cerveau, il reste encore largement à explorer tant son fonctionnement se révèle complexe. Tout juste sommes-nous assurés qu’il n’existe pas un bouton (ou une zone) unique qui s’active lorsque nous décidons…