Comment un simple pressentiment a pu sauver le monde ?

 

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Nous sommes en septembre 1983, en pleine guerre froide. Jamais les relations entre l’URSS et les États-Unis n’ont été aussi tendues.
À tout moment, le destin du monde entier peut basculer. Un seul ordre de lancement d’un côté ou de l’autre et ce sont des centaines de missiles dopés « à mort » de radioactivité qui se seraient déversés sur les deux grandes puissances de l’époque et leurs alliés.
C’est dans ce contexte d’une tension extrême que Stanislas Petrov va devenir un des sauveurs de l’humanité.

Dans la nuit du 26 septembre 1983, ce lieutenant-colonel des forces aériennes soviétiques est dans un bunker près de Moscou.
À 44 ans, c’est un homme d’expérience et il dispose probablement d’un caractère assez fort pour s’opposer à ce que les écrans lui livrent cette nuit-là.
Même s’il n’a qu’une confiance limitée sur le nouveau système de détection, Petrov est obligé de constater qu’il y a bien cinq missiles balistiques qui foncent à pleine vitesse sur Moscou !
Il dispose alors de quelques minutes pour prévenir sa hiérarchie.
La procédure l’oblige à le faire.

Sa raison lui délivre le même message.
Mais pas son intuition. Une drôle de sensation dans le ventre lui intime que quelque chose cloche.
Il décide alors de prévenir effectivement sa hiérarchie mais pour annoncer une fausse alerte, sans en être totalement certain.
Un risque énorme, car dans le cas contraire, et à supposer qu’il ressorte vivant, il serait resté à jamais la honte de tout un peuple.
Heureusement pour nous, son intuition se sera montrée plus forte que le système de détection qui sera ensuite reconnu comme perfectible.

Ce n’est que bien plus tard qu’il mettra un peu de rationalité sur son pressentiment.
Le fait de n’avoir vu que 5 missiles sur le détecteur était étrange pour le militaire expérimenté qu’il était à l’époque.
D’après lui, si les États-Unis avaient voulu attaquer, ils auraient lancé une bien plus grande offensive.
Mais sous pression, cette évidence avait de grande chance de passer à l’as pour quiconque se serait montrer trop procédurier et/ou conservateur.

Cette anecdote nous donne à réfléchir sur l’intuition et sa mécanique.
Loin d’être des phénomènes paranormaux, nos pressentiments résultent le plus souvent d’une comparaison inconsciente entre les expériences que nous avons accumulées et ce que nous vivons.
Nous devons vraiment prendre ces messages comme des portes qui relient notre monde conscient et notre inconscient et accorder une réelle importance à ces « drôles de sensation » que nous pouvons avoir en dépit de ce que les éléments rationnels nous dictent.
Il n’est cependant pas toujours ni souhaitable ni évident de s’y soumettre, notamment en raison de la pression sociale.
Mais il est toujours utile d’en apprendre un peu plus sur ces phénomènes qui peuvent nous tirer de mauvais pas…
… voir sauver le monde !