Décision et biais de proximité

Nous retrouvons Marc, notre cadre de direction. Marc a l’habitude de se réunir avec des cadres de son département pour suivre des formations en management. Le tour de table lui montre que tout le monde semble subir la crise.
Pourtant, dans son secteur, il reste encore de nombreuses perspectives de croissances notamment dans les pays émergents.
Mais pour l’instant, Marc ne se focalise que sur le contexte local et cela le déprime …
Marc est bel et bien victime d’un biais de proximité !

Le biais de proximité consiste à accorder plus d’importance à ce qui nous entoure que ce qui est loin.
C’est un biais très présent dans notre quotidien.
Il suffit de regarder comment sont construites les informations télévisuelles (qui sont basées sur ce que souhaite voir le téléspectateur…) : La disparition d’une fillette dans une commune française sera traitée beaucoup plus longuement qu’un accident de train au Bangladesh qui aura fait 250 morts.

C’est dans la nature humaine que de s’approprier le plus proche, le plus familier et d’accorder à ces phénomènes une importance souvent supérieure à la réalité du monde.

On peut par exemple surestimer un marché parce que nous constatons dans notre entourage une hausse de consommation de tel ou tel produit – qui peut-être dû à des causes purement locales et conjoncturelles.
De même, et c’est plus courant, nous pouvons estimer que le monde entier est plongé dans le marasme lorsque nous voyons tous les jours le flot des licenciements.

Dans les deux cas, ce biais pose un sérieux problème au niveau de la prise de décision car si nous avons une perception fausse, les solutions ou les décisions que nous pouvons en retirer ont de fortes chances d’être mauvaises aussi.

Lutter contre ces deux biais, c’est aller à l’encontre d’un réflexe conditionné qui date de l’évolution.
Il faut pour cela sortir des automatismes et développer un esprit critique sur les informations que nous pouvons capter localement.
Avec une question clé à se poser systématiquement : Est-ce que cette information est représentative d’un phénomène plus large ?
Au fond, il s’agit de confronter sa carte mentale de représentation du monde avec le territoire !
Vaste travail !