Voyage au cœur du processus de décision (1ère partie)

De très tôt le matin, jusqu’à souvent très tard le soir, un dirigeant enchaîne décisions sur décisions. Chacune d’entre elles peut avoir des conséquences décisives sur son entreprise et sur tous ceux qui gravitent de près ou de loin autour.
Dans ce cycle de vidéo dédié à la décision, il n’est pas question de faire le tour de ce processus qui est très complexe mais plutôt d’évaluer les enjeux et approches qui séparent une bonne décision d’une mauvaise.

Prenons un peu de hauteur au départ en rappelant qu’une décision n’a de sens que si on la place dans son contexte, en l’occurrence le monde de l’entreprise.
Et toutes les entreprises partagent avec le monde des vivants une règle, une loi universelle à laquelle on ne peut pas échapper et qui peut se définir ainsi : « celui qui ne s’adapte pas au milieu dans lequel il évolue, disparaît tôt ou tard! »
Ceci est valable pour la petite PME locale comme la multinationale et tous les jours des faillites démontrent la pertinence de cette loi.

Au fond pour un dirigeant, décider, c’est donc adapter l’entreprise à son environnement.
Cela parait une évidence pour beaucoup d’entre vous, et tant mieux. Mais pour autant qu’elle soit efficace, cette appréhension de l’environnement doit se faire de manière systémique, en faisant appel à la fois à une approche globale et une approche plus spécifique.

L’approche globale consiste à partir d’une vision macro-économique sur un sujet donné.
Pour cela, il n’y a qu’un moyen, c’est de s’appuyer sur des données fiables. Le plus souvent, le dirigeant doit payer pour accéder à de telles données car il est rare dans ce domaine comme ailleurs que qualité fasse bon ménage avec gratuité. Internet a considérablement changé la donne en laissant croire que l’information gratuite avait de la valeur. En réalité, il existe effectivement des informations à forte valeur ajoutée sur Internet mais leur coût d’acquisition n’est pas neutre car il faut maîtriser la recherche, et passer du temps.
Comme nous sommes encore très influencés par Descartes, nous pensons souvent que cette approche logique et rationnelle est suffisante pour décider.
Elle ne l’est pas car il va nous manquer une dimension essentielle, la dimension micro économique.

Approche Globale :
Macro(économique) => Travail de « bureau »=> Données analysées, plutôt objectives => Esprit logique / rationnel

La meilleure façon d’acquérir des données micro-économiques est de les recueillir par une approche directe.
Aller rencontrer ses clients, ses fournisseurs, se rendre sur des salons, des lieux de vente. Faire du terrain comme on dit permet d’accéder à notre environnement par le biais de notre perception directe. La plupart du temps, ce processus est inconscient mais il présente un immense avantage : il est très utile pour détecter des signaux faibles et, avec l’expérience, valider les tendances macro-économiques.
Les signaux faibles, ce sont de très légères modifications de l’environnement qui peuvent entraîner à terme de profonds changements. Elles n’apparaissent pas dans les données macro-économiques et c’est pourtant la nourriture préférée des dirigeants innovateurs qui cherchent en permanence comment modifier leur environnement.

Approche Spécifique :
Micro (économique) => Travail de « terrain » => Informations ressenties, plutôt subjectives => Esprit intuitif / émotionnel

En résumant, un bon dirigeant prend ses décisions en manageant des aspects contradictoires le macro et le micro économique, l’esprit logique et la perception, la raison et l’émotion.
Dans tous les cas, il s’attache en permanence à connaître son environnement car cela engage la capacité de survie et de développement de son entreprise.

Dans la prochaine vidéo, nous allons insister sur notre formidable système de perception interne qui est souvent sous-estimée, car moins reconnue qu’une approche cartésienne. Et c’est pourtant un de notre meilleur atout à condition d’en maitriser son utilisation…