Polytechniciens, énarques… et malgré tout chômeurs – quelles leçons pour l’intelligence économique ?

Comme (très) souvent, Le Monde revient avec brio sur un fait de société, la « goutte statistique » des chercheurs d’emploi, anciens cadres à haut potentiel, issus des meilleures écoles du Pays.
Dans « l’océan des grands diplômés  » qui travaillent en faisant et défaisant l’économie du pays, ces « hors poste » (on ne dit pas chômage chez ces gens-là…) font figure d’exemple si on se place sous l’angle de l’intelligence économique.

On découvre que ces anciens cadres sont victimes des « malins et des intrigants » qui semblent plus apte à naviguer dans le monde de l’entreprise du 21ème siècle.
Et effectivement, ces derniers sont souvent dotés d’une intelligence relationnelle / émotionnelle supérieure. Bien armés, ils savent comment influer sur leur environnement.
Face à ce type de « savoir-être », les compétences (savoir-faire), l’implication professionnelle et la loyauté vis-à-vis de l’entreprise semblent faire pâle figure.
Et pourtant cette capacité d’influence est une des composantes importantes de l’intelligence économique. Elle permet à une organisation ou un individu de ne plus subir les contraintes environnementales mais au contraire de les distordre dans le sens recherché.

Plus intéressant encore est le retour d’expérience de ces fortes (et pleines) têtes. Certains en conviennent : cette période de chômage les oblige à considérer le monde autrement en étant plus ouvert, plus à l’écoute et en devenant « meilleur » sans doute.
Souvent leur vision du monde a été très tôt construite sur l’idée qu’ils sont justement les meilleurs et que le système dans lequel ils vivent corroborent en permanence ce schéma de fonctionnement.
Le choc du licenciement, véritable bombe atomique cognitive, est comparable à celui vécu par exemple par Kodak qui rate le virage du numérique, enfermé dans sa vision plus que centenaire du marché que cette entreprise pensait figé.
Kodak, comme ces cadres de haut niveau, ont simplement oublié dans le confort de leurs certitudes déchues que la seule chose permanente était … l’impermanence des choses, selon un vieux percept bouddhiste.

Une leçon à retenir, en prenant donc soin en …permanence d’observer avec humilité et enchantement le monde qui nous entoure.
http://www.lemonde.fr/education/article/2012/01/04/polytechniciens-enarques-et-malgre-tout-chomeurs_1625509_1473685.html