Pourquoi les business plans ne fonctionnent pas ?

Après m’être attaqué aux études de marché (ici et ici), évoquons cette étape incontournable de tout créateur d’entreprise : le Business-Plan (BP).

Pour donner une définition un peu provocatrice, ce document consiste à minimiser sur 3 ans les risques que vous allez prendre tout en maximisant les opportunités de développement, le tout en vous basant sur un environnement dont vous ne connaissez pas l’évolution à venir !
Et ne comptez pas sur votre banquier pour vous aider. Il ne vous prêtera l’argent demandé que si votre projet répond aux critères applicables au moment du dépôt du projet. Et pour ce qui est du futur, aucune banque, même côté en bourse n’a encore démontrer une grande capacité à le prévoir !

Résultat, la moitié des entreprises dont le Business Plan annonçait monts et merveilles ont disparu dans leur 5ème année d’existence !

Alors, pourquoi continuer à passer par ce processus de validation ?
Le seul cas qui parait acceptable, c’est lorsqu’un projet est relativement à l’abri des secousses environnementales ! C’est le cas des reprises d’activités, dans des zones stables. Même si l’avenir n’est écrit nulle part, on peut rationnellement s’appuyer sur le passé pour écrire un scénario probable qui s’appliquerait dans les 3 ans à venir.
Probable ne signifie pas acquis !
Cette nuance ennuie beaucoup ceux qui veulent vous prêter de l’argent. Ce qui compte c’est bien de pouvoir faire entrer votre projet entrepreneurial dans le circuit de validation. C’est pour cela que vous devez appliquer strictement les règles de formes et de fond qui entourent la rédaction de ce document sans forcément attacher une importance considérable aux chiffres avancés.

Maintenant, tout n’est pas à jeter avec l’eau du bain !

Après tout, établir une stratégie à 3 ans présente un intérêt significatif pour tout créateur d’entreprise qui a besoin d’objectifs pour avancer.

« Quand on ne sait pas où l’on va, tous les chemins mènent à nulle part.  »  (attribuée généralement à) Henry Kissinger

Et le modèle à suivre pour réaliser un vrai plan stratégique serait de s’inspirer des marins qui réalisent des tours du monde.
Avant de partir, ils savent simplement quels sont les points de passage obligatoires – ce qui pour une entreprise pourrait être le moment où elle va atteindre certains stades de rentabilité !
Mais concernant le cap à suivre au quotidien, la stratégie des marins va s’écrire progressivement au fur et à mesure de l’évolution des fenêtres météo.

Pour un bon entrepreneur, une stratégie à 3 ans, c’est fixer un cap général – donner du sens, quelques points de passage souples et ensuite optimiser la trajectoire de son projet semaine après semaine, au gré de l’évolution de l’environnement.

Mais pour avoir le droit de partir à l’aventure, il devra quand même passer par un BP en bonne et due forme et ces données chiffrées à 3 ans pour lesquelles les chances qu’elles se réalisent sont approximativement égales à celles de trouver les 6 bons numéros du loto !

Et de bonne fortune, je vous en souhaite sincèrement si vous êtes en ce moment dans la rédaction de votre BP !